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Bassai Karate-Do Marseille-Prado
Lexique

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Cette page est en construction permanente et se trouve pour l'instant à un stade peu avancé. Elle a pour but de présenter la terminologie japonaise utilisée au dojo dans notre Ecole, ainsi qu'une terminologie que l'on peut rencontrer dans un contexte plus général, par exemple dans la littérature Shotokan hors Ecole Ohshima, ou en passage de grade Fédéral. Afin que l'accessoire ne masque pas l'essentiel, les termes peu ou pas utilisés au Dôjô ou dans dotre Ecole sont distingués par leur couleur grisée. Les termes sont regroupés par thèmes (attaques de pieds, termes de Kihon, noms de Katas, Compte en Japonais, etc). En voici la liste par le menu:

Liste des thèmes regroupant les termes du Lexique présenté dans cette page

Pour chaque terme, nous présentons:

  1. son écriture calligraphiée dans le système d'écriture japonais qui est une combinaison complexe de trois catgories de caractères: les Kanji, les Hiragana et les Katakana, que la posture RENOJI-DACHI illustre parfatement puisqu'elle utilise la totalité de ces 3 systèmes: un Katakana [RE], deux Hiragana [NO] et [CHI], et deux Kanji se prononçant [JI] et [TA/DA].

  2. En dessous de chaque terme calligraphié se trouve sa romanisation, c'est à dire sa prononciation écrite dans le système d'écriture occidental. Le Japonais distingue les voyelles longues des voyelles courtes:, notamment le [U] et le [O]. Afin de les distinguer, nous ornons de façon très classique ces voyelles longues d'un signe diacritique (l'accent circonflexe [Û] [Ô] au lieu de la barre horizontale standard, pour des raisons de facilité de saisie et d'encodage du document). En phonétique japonaise, [Û] et [Ô] s'écrivent en vérité [OU] et [UU] mais le lecteur francophone sera surement moins toublé par la romanisation "KARATE-DÔ KYÔHAN" que par "KARATE-DOU KYOUHAN", par exemple. En revanche, nous ne déformons pas les [N] en [M] lorsqu'ils se trouvent devant [P] ou [B] pour "coller à la prononciation". Ainsi, nous écriront ENPI et SANBON-KUMITE que l'on trouve plus fréquemment orthographiés EMPI et SAMBON-KUMITE dans la littérature.

  3. En dessous du terme romanisé se trouve sa traduction littérale (mot-à-mot, voire caractère par caractère).

  4. Eventuellement une illustration dessinée, calqués par votre serviteur à partir des photos de Maître Ohshima dans le KARATE-DÔ KYÔHAN.


[RE] [NO] [JI] - [DA] [CHI]
litt. posture en lettre (katakana) du "RE",
traduit par posture en lettre "L"

(ici sur Morote-Kôhô-Zuki-Age
dans le Kata Heian-Godan)

Explorons les 3 systèmes d'écriture Kanji, Hiragana et Kataka sur l'exemple RENOJI-DACHI. Ces 3 systèmes sont:

  1. les Kanji ou sinogrammes: plus de 3000 sinogrammes empruntés au Chinois. Le mot "Kanji" (ou "Hanzi" en Mandarin) signifie littéralement lettres de Khan/Han (une dynastie Chinoise). Les Kanji sont utilisés pour noter les racines portant le sens des mots. Par exemple, pour la posture dite des pieds en "en forme de lettre du RE", RENOJI-DACHI, dans laquelle on effectue l'uppercut MOROTE-KÔHÔ-ZUKI-AGE dans le Kata HEIAN-GODAN, les sons [JI] et [DA] correspondent à deux Kanji qui signifient respectivement "lettre" et "posture", et s'écrivent avec 6 et 5 traits.


    posture

    [TA-]CHI, la "posture verticale", fait partie des pictogrammes simples: il s'agit purement est simplement de la représentation graphique d'un homme, se tenant debout sur le sol (trait horizontal du bas). La tête, les bras et les jambes sont visibles. La prononciation [DA-]CHI au lieu de [TA-]CHI dans RENOJI-DACHI est simplement dûe à une liaison euphonique (appelée RENDAKU) effectuée fréquemment en cas de position suffixe d'un Kanji à l'intérieur d'un mot: l'activation des cordes vocales sur un son initialement sourd, qui est sur cet exemple la vocalisation de la consonne sourde [T] en sa variante vocale [D]).


    lettre

    toit + enfant

    [JI], la "lettre", le "caractère", prononcé [ZI] en Mandarin, s'écrit avec 3 traits. Ce Kanji est formé de la juxtaposition verticale de 2 composants. Les trois traits du haut représentent un toit, symbole ici du foyer familial. Les 3 traits du bas représentent un enfant (langé, tête et bras apararents). Le tout ("enfant dans le foyer familial") signifiait autrefois l'amour filial. Il signifiait aussi le nom que l'on donnait à un enfant Chinois arrivé à l'age de 2 ans. Par extension, il signifie écriture, lettre, caractère. Le Kanji de l'enfant a également ici une valeur phonétique, "enfant" se prononçant également [ZI] en Mandarin (dans un ton différent).

    Ce double rôle "signifiant + phonétique" du composant "enfant" dans le Kanji "lettre" n'est cependant pas un fait majoritaire dans la construction de Kanji composites: La majorité des Kanji composites sont construit sur le modèle "clè + phonétique pure", où un seul des composants porte le sens (la clé), l'autre composant ayant une valeur purement phonétique, sa signification ne jouant aucun rôle dans la construction du Kanji. D'autre Kanji composites agglomèrent plusieurs composants signifiants et sont dépourvus de composant phonétique.

    La complexité graphique des Kanji peut varier du trait unique jusqu'à la combinaison d'une vingtaine voire même une trentaine de traits.
    1 trait

    Un
    2 traits

    Sabre
    3 traits

    Supérieur
    4 traits

    Arrêter
    5 traits

    Correct, Vrai
    6 traits

    Circulaire
    7 traits

    Pied
    8 traits

    Pas, Marche
    9 traits

    Avant
    10 traits

    Assise
    11 traits

    Fondement
    12 traits

    Sorte
    13 traits

    Revers
    14 traits

    Structure, Garde
    15 traits

    Piétiner
    16 traits

    Talon
    17 traits

    Clé, Crochet
    18 traits

    Equestre
    19 traits

    Coup de pied
    21 traits

    Grue, Héron
    20 Kanji utilisés dans la terminologie du Karate-Dô, utilisant de 1 à 21 traits
  2. les Hiragana: un premier syllabaire (Kana) aux formes plutôt rondes et harmonieuses, dénotant les syllabes du GOJÛ-ON (les 50 sons), qui est une table d'une cinquantaine de syllabes ouvertes (un son consonne + un son voyelle) formant la base de la phonétique japonaise. Le mot "Kana" signifie littéralement "tentative [KA] de nom [NA]" et le mot "Hiragana" signifie littéralement "Kana ordinaire/régulier". Les Hiragana ont été obtenus par simplification de Kanji de même pronociation. Les Hiragana sont principalement utilisés pour:

    Par exemple, dans RENOJI-DACHI, [NO] et [CHI] s'ecrivent avec deux hiragana: [NO] est une particule grammaticale connectant [RE] à [JI], signifiant à peu près "de/du" (la lettre du L); et [CHI] dénote l'inflexion du verbe TATSU signifiant "se tenir debout", ce qui le transforme en son substantif TACHI: "la posture". Un Hiragana utilisé en position suffixe pour infléchir un verbe de cette manière s'appelle un Okurigana: ici [TSU] et [CHI] dans TATSU et TACHI sont deux okurigana.

  3. les Katakana, un deuxième syllabaire (Kana), aux formes plutôt droites et angulaires. Le mot "Katakana" signifie littralement "fragments de Kana". Comme les Hiragana, ils ont été obtenus en simplifiant la formes de certains Kanji de prononciation analogue. A chaque Hiragana du GOJÛ-ON (les 50 sons) correspond un Katakana. Les Katakana sont utilisés essentiellement pour:

    Dans RENOJI-DACHI, [RE] s'écrit avec un Katakana et est choisi ici juste pour sa forme angulaire qui ressemble à celle du "L" majuscule latin. On traduit d'ailleurs souvent RENOJI-DACHI par "posture en forme de lettre L". Ce mimétisme forme de caractère / forme de posture est à mettre en parallèle avec les écritures de JÛJI-UKE, HACHIJI-DACHI, YAMA-KAMAE et MANJI-KAMAE, respectivement "blocage en caractère 10", "posture en caractère 8", "garde en montagne", et "garde en caractère Manji" qui utilisent quatres kanji pour [JÛ]="10", [HACHI]="8", [YAMA]="montagne" et [MANJI]="symbole du Dharma".

    JÛJI-UKE, HACHIJI-DACHI, YAMA-ZUKI, MANJI-KAMAE: 4 autres exemples de mimétisme entre caractères et postures

    [JÛ] [JI] - [U] [KE]
    litt. reception caractère "dix"

    [HACHI] [JI] - [DA] [CHI]
    litt. posture en caractère "huit"

    [YAMA] - [KAMA] [E]
    litt. garde en "montagne"

    [MANJI] - [KAMA] [E]
    litt. garde en "manji"


    En effet, le Kanji [JÛ] a la forme de la croix décrite par les bras lors du blocage JUUJI-UKE, le Kanji [HACHI] a la forme des pieds au sol en posture HACHIJI-DACHI, le Kanji [YAMA] a la forme des bras et de la tête en gade YAMA-KAMAE et deux branches opposés du kanji [MANJI] reprèsentent la position des bras dans la garde MANJI-KAMAE. Notons tout de suite que ce dernier caractère [MANJI] est un caractère très ancien et n'a rien à voir avec un symbole devenu tristement célèbre au XXème siècle: il symbolise dans les religions Dharmiques telles que l'Hindouisme et le Bouddhisme, l'équilibre des opposés (de par sa forme), et l'éternité (MAN + JI = littéralement, lettre 10000).

Lorsque cette page arrivera à maturité, nous discuterons comme ci-dessus de la formation de chacun des Kanji apparaissant dans le fragment de la terminologie présentée. Un même Kanji se retrouve souvent dans plusieurs termes sous des prononciations bien différentes (par exemple [USHIRO], [KÔ], [ATO] et [GO] que l'on trouve dans les termes USHIRO-GERI, KÔ-KUTSU-DACHI, ATO-SHIBARAKU et GO-NO-SEN corespondent à un seul sinogramme signifiant "derrière" que ce soit spatialement pour [USHIRO] et [KÔ], ou temporellement pour [ATO] et [GO], c'est-à-dire "après"). La raison de prononciations multiples pour un même sinogramme est double:

  1. Les Japonais ont emprunté les sinogrammes aux chinois parce qu'ils n'avaient pas de système écrit pour leur langue; Mais en empruntant leur caractères, ils ont aussi souvent emprunté une approimation de leur prononciation. Il y a donc en général deux catégories de prononcation pour un même caratère: les lectures purement japonaises (KUN-YOMI) et les lectures sino-japonaises (ON-YOMI). Par exemple, [USHIRO] et [ATO] sont des mots purement japonais signifiant respectivment "arrière" et "après" pour lesquels on a emprunté le même sinogramme à l'écrit, alors que [KÔ] et [GO] sont les lectures sino-japonaises de ce sinogramme.

  2. le système phonétique chinois est très éloigné du système phonétique Japonais et il y a plusieurs façons d'approximer et déformer une prononciation Chinoise en Japonais. Par exemple, les lectures sino-japonaises [GO] et [KÔ] pour "derrière" viennent de l'emprunt de la prononciation de ce sinogramme en Mandarin [H`OU] au ton descendant. La date de l'emprunt au Chinois d'un caractère, ainsi que son parcours en Asie avant d'atteindre le Japon ajoutent encore à la variété...

Les sources que nous utilisons pour l'etymologie des caractères sont:
Dr Léon Wieger, de la Société des Jésuites: Chinese Characters, Their origin, etymology, history, classification and signification. 2nde Edition, 1927.
1ere Edition en 1915, 2eme Edition en 1927, par Catholic Mission Press. Reimpression de la 2eme Edition en 1965 par Dover. Incontournable malgrè son obsolescence et les erreurs que l'ouvrage contient.
G.D. Wilder & J.H. Ingram: Analysis of chinese characters. 2nde Edition, 1934.
Dans la même veine, vers la même époque. 1ere Edition en 1922 par North China Union Langage School, 2eme Edition en 1934 par College of Chinese Studies, Reimpression par Dover en 1974.
Le site de Rick Harbaugh: www.zhongwen.com, Chinese Characters and Culture.
Basé essentiellement sur les leçons d'etymologie de Léon Wieger. Une navigation dans l'arborescence des caractère chinois.
Le site de Richard Sears: www.chineseetymology.org, Chinese Etymology.
Compilation des formes anciennes des caractères reconstitués par les fouilles archéologiques et répertoriés par sites de fouilles (Caractères des Oracles sur carapaces de tortues, caractères gravés sur les Bronze, Caractères de petit et de grand Sceau).


      


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